Leçon de français élémentaire et cohérent à l’usage des journalistes gratte-culs et lèche-papier, N°2

« Ami scribouillard,

J’ai remarqué depuis quelques temps une propension à user de la tournure « et autres » au beau mitan d’une énumération. Pourquoi pas, remettre au goût du jour des expressions du XIXème, je ne suis pas contre, à condition de ne pas en abuser. Et à ce jeu-là, le journaliste est plutôt moutonnier, et un bon mot, un élément de langage pêchu, aura tôt fait d’être repris par le reste de la horde. Soit.
Tu aurais cependant dû, je pense, te renseigner quelque peu sur la manière d’appliquer cette tournure, car force est de constater que, en un an (j’ai compté), je n’ai pas entendu un seul de tes collègues l’employer correctement. Pas un seul, te dis-je ! Pourtant, l’usage en est extrêmement simple. Les mauvaises langues diraient du niveau CM1. Moi je dirais du niveau CP. On apprend vite à cet âge-là.
Bref, reprenons. Le « Grevisse » nous donne, à cette entrée :

« Autres employé sans déterminant devant un nom pluriel coordonné, dernier terme d’une série, suppose, dans l’usage régulier, que ce nom pluriel a une valeur générique et englobe les termes précédents. »

Or donc, pour illustrer cette définition un chouïa absconse, prenons un exemple. Un exemple que même toi tu pourras comprendre, cesse de grommeler veux-tu, et viens te rasseoir.

« Des pommes, des poires, et autres kiwis ». Voici ce que toi tu dis.
« Des pommes, des poires, des kiwis et autres fruits ». Ça c’est ce qu’il faudrait dire.
Pourquoi ? Parce que « fruits » et bien le dernier terme de la série (je te laisse recompter mentalement) et qu’il englobe bien les termes précédents, puisque les pommes, les poires et les kiwis sont bien des fruits. Tu suis ?

Attention, j’ai constaté que ton erreur initiale d’emploi se doublait désormais d’un abus langagier, qui pourrait se transcrire, en reprenant notre exemple :

« Des pommes, des poires, et autres scoubidoubidous wah ». Au moins avant, on restait dans la thématique (kiwis > fruits, etc…). Maintenant, tout est permis, c’est la fête du caleçon long, et on se permet donc d’ajouter à l’énumération un élément qui n’a absolument aucun rapport, dont le seul but est de meubler une phrase indigente.

Ami journaleux, des bisous.

Essaye de ne plus faire cette faute.

Et arrête de plagier Sacha Distel, tout le monde t’a vu faire. »

Leçon de français élémentaire et cohérent à l’usage des journalistes gratte-culs et lèche-papier, N°1

« Ami scribouillard,

Lorsque tu emploies -et tu l’emploies- la phrase « M. et Madame X. sont de gauche, ils ont tous les deux voté Hollande », tu supposes que ta virgule te sert de conjonction. C’est tout à fait autorisé d’un point de vue syntaxique, que tu saches ou pas ce que signifie « conjonction ».

Cela pose toutefois un problème de sens évident, qui pourrait friser l’antithèse poétique si je ne te savais pas aussi profane en ce domaine.

Aussi je te propose de remplacer avantageusement cette virgule malencontreuse par la (véritable) conjonction « mais » ou la locution adverbiale « en revanche ».

Tu verras alors ta phrase retrouver ses couleurs véritables.

Des bisous. »

Tu…Vous…

Pourquoi à la télé tout le monde se vouvoie ?

Parce que honnêtement, souvent ça transpire qu’ils se connaissent entre eux les journalistes. Il leur arrive même de transpirer ensemble au choix à la photocopieuse, dans les cagadors du boss ou à l’inter-plateau… pourquoi on parle de « plans de coupe » à votre avis ?

Soit-disant c’est pour établir la distance entre eux et ne pas que le téléspectateur se sente exclus. M’enfin perso, quand je regarde la rubrique éco sur BFM TV, je me sens exclus de toute façon.

Mais peut-être que le problème serait avec les politiques, parce qu’on se rendrait compte à quel point ils se connaissent bien, en long, en large, en travers et en profondeur.

La « collusion » on appelle ça. A ne bien sûr pas confondre avec « collision ».

Non.

Encore que ça se ressemble pas mal en fait.

La collision, c’est quand tu rentres dans un objet (Laurence Ferrari comprise).

La collusion, c’est quand tu rentres dans un(e) journaliste (sauf Laurence Ferrari).